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Citations nourricières

Page history last edited by Laurent Lievens 6 years, 2 months ago

                               Clown

     Un jour.
     Un jour, bientôt peut-être.
     Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers.
     Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche.
     Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
     D’un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînement « de fil en aiguille ».
     Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.
     A coup de ridicules, de déchéances (qu’est-ce que la déchéance ?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables.
     Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille.
     Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter.
     Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime.
     Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

     clown, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement, le sens que contre toute lumière je m’étais fait de mon importance.
     Je plongerai.
Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert
     à tous
ouvert à moi-même à une nouvelle et incroyable rosée
à force d’être nul
et ras…
et risible…


Henri Michaux, « Peintures » (1939,) in L’espace du dedans, Pages choisies, Poésie / Gallimard, 1966, p.249

 


 

 

Ce qui frappe l’observateur de la réalité d’aujourd’hui, du moins dans nos sociétés « développées »,

c’est l’acceptation en masse et en profondeur du monde tel qu’il va, par des populations tellement habituées

à l’état présent des choses et au cours des événements,qu’elles n’arrivent même pas à imaginer qu’il puisse en aller autrement

[…]

Convenablement programmé par sa formation familiale, scolaire, professionnelle et par la pression conformiste du milieu et de l’époque,

un agent social n’a pas besoin de se prendre la tête dans les mains pour se demander à chaque instant: « que dois-je faire? »

[…]

il porte désormais en lui la boussole qui, dans la plupart des situations, le met automatiquement dans la « bonne direction »,

celle qui conduit à collaborer consciencieusement au bon fonctionnement de l'ordre établi

A. Accardo le petit bourgeois gentilhomme

 


 

Le vrai pouvoir est d’être tranquille. Vous rendre compte que vous n’avez besoin de rien pour être heureux, que vous n’avez rien à accomplir, que vous n’avez rien raté dans votre vie: votre vie est parfaite.

[…]
Tant que l’on porte en soi la capacité d’être apaisé par une voiture, une maison, une femme, un chien, un métier, un futur, un passé, un savoir, une spiritualité, un enseignement, il n’y a pas encore cette ardeur indispensable à l’éclatement de ce qui doit éclater.
Cette totale folie d’insatisfaction est l’énergie nécessaire à l’explosion de ce qui est superficiel en nous.

E. Baret, De l’abandon

 


 

Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d'efforts et de volonté, mais réside là, tout près, dans la détente et l'abandon.

Ne t'inquiètes pas, il n'y a rien à faire.

Tout ce qui s'élève dans l'esprit n'a aucune importance parce que n'a aucune réalité.

Ne t'y attache pas. Ne te juge pas.

Laisse le jeu se faire tout seul, s'élever et retomber, sans rien changer, et tout s'évanouit et commence à nouveau sans cesse.

Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.

C'est comme un arc-en-ciel qu'on poursuit sans jamais le rattraper parce qu'il n'existe pas, qu'il a toujours été là et qu'il t'accompagne à chaque instant.

Ne crois pas à la réalité des expériences, bonnes ou mauvaises, elles sont comme des arcs-en-ciel.

A vouloir saisir l'insaisissable, on s'épuise en vain.

Dès lors qu'on relâche cette saisie, l'espace est là, ouvert, hospitalier et confortable.

Alors, profites-en, tout est toi, déjà.

Ne cherche plus.

Ne va pas chercher dans la jungle inextricable l'éléphant qui est tranquillement à la maison.

Rien à faire. Rien à forcer. Rien à vouloir. Et tout se fait tout seul.

Lama Gundun

 

 


 

 

Petites pierres écrites remarquées sur mon chemin

(en clair: les livres déterminants...):

 

 

 

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